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Quels sont les traitements existants?

Quels sont les traitements existants?

Le traitement de la poussée, ponctuel

Lorsqu’une poussée de SEP survient et s’avère génante pour le patient, un traitement par corticoïdes est proposé. Celui-ci se fait en perfusions à de fortes doses lors d’une hospitalisation courte, parfois même en hôpital de jour, en général sur 3 jours. À l’issue de cette perfusion, un traitement relais par corticoïdes à plus faibles doses à prendre par voie orale peut être également proposé. Lors du traitement par corticoïdes, il est recommandé de ne pas avoir d’alimentation trop salée ou sucrée.

Les corticoïdes,

  • n’ont pas de place comme traitement au long cours de la maladie
  • doivent être utilisés ponctuellement, au moment d’une poussée, pour en diminuer sa durée et son intensité
  • ne préviennent pas la survenue d’une nouvelle poussée

Les traitements de fond, au long cours

Ils sont destinés à ralentir l’évolution naturelle de la maladie (évolution spontanée sans traitement), c’est-à-dire à réduire la fréquence des poussées et à réduire le risque de handicap. Leur mode d’action consiste à moduler plus ou moins intensément le système immunitaire, soit en agissant sur les substances solubles (les cytokines) qui régulent la réaction immunitaire, soit en agissant directement sur les cellules de la réponse immunitaire (les lymphocytes). L’attaque inflammatoire de la myéline au sein du système nerveux central est ainsi atténuée.

Plusieurs types de traitements de fond peuvent être proposés :

Les interférons bêta sont des protéines humaines produites par biotechnologie. Les interférons bêta permettent une réduction de la fréquence des poussées d’environ 30 à 35 % et, à court terme, un ralentissement du risque de progression du handicap. Ce qui signifie qu’en moyenne, un patient qui aurait fait 3 poussées sans traitement en fera seulement 2 dans le même intervalle de temps s’il est traité par interféron bêta.

En IRM, tous les paramètres étudiés sont améliorés par l’administration d’interféron bêta (par rapport aux patients sans traitement). Les interférons bêta sont administrés par injections, soit par voie intramusculaire une fois par semaine, soit par voie sous-cutanée un jour sur deux ou 3 fois par semaine, dans les formes de SEP évoluant par poussées.

Leur tolérance est habituellement bonne. Lors des premiers mois de traitement, de nombreux patients présentent un syndrome pseudo-grippal après les injections, qui associe de la fièvre, des courbatures, des frissons, des sueurs, une fatigue, symptômes réagissant bien aux médicaments antalgiques antipyrétiques habituels.

En quelques semaines environ, ces symptômes disparaissent dans la majorité des cas. Il est possible d’observer des réactions inflammatoires et douloureuses au niveau du point d’injection, qui peuvent être prévenues en faisant varier les sites d’injection. La surveillance d’un traitement par interféron bêta est simple, avec une prise de sang mensuelle pendant les 3 premiers mois, puis trimestrielle par la suite, pour compter les cellules sanguines (globules blancs, globules rouges, plaquettes) et doser les enzymes hépatiques.

Les traitements de fond sont destinés à ralentir l’évolution naturelle de la SEP, à réduire la fréquence des poussées.

Un autre type de traitement de fond, administré en injection sous-cutanée tous les jours, peut également être proposé, et présente une efficacité qui se rapproche de celle des interférons bêta. La prescription de ces médicaments doit être obligatoirement réalisée par votre médecin neurologue, sur une ordonnance spéciale pour “médicaments d’exception”. Ils sont disponibles dans votre pharmacie habituelle.

Récemment, un nouveau médicament a été mis sur le marché pour les formes très actives de sclérose en plaques rémittente. Ce médicament est administré à l’hôpital en perfusion toutes les 4 semaines. Enfin, il existe un médicament réservé à des formes agressives de la maladie et administré à l’hôpital sur une durée limitée à 6 mois.

Le traitement des symptômes

Il est très important et accompagne les traitements de fond. Il est destiné à soulager les symptômes particuliers susceptibles de gêner le patient dans sa vie quotidienne. C’est pourquoi il ne faut pas hésiter à évoquer avec votre neurologue tous les symptômes que vous présentez car il pourra vous proposer une prise en charge adaptée.

En cas de troubles urinaires (difficulté à uriner, fuites urinaires), des traitements adaptés sont envisagés. Leur prescription sera mise en place le plus souvent après réalisation d’un bilan urodynamique qui permet d’évaluer plus précisément le type de trouble présenté. Dans les formes plus graves de troubles urinaires, le médecin pourra proposer des auto-sondages (mise en place par le patient lui-même d’une sonde urinaire facile à poser et à enlever pour vider régulièrement sa vessie).

En cas de dépression, d’idées noires, des médicaments antidépresseurs et/ou anxiolytiques, accompagnés ou non d’une psychothérapie peuvent être très utiles.

La spasticité, ou raideur des membres, peut être atténuée par des médicaments ou même des traitements neurochirurgicaux dans les formes particulièrement rebelles. Pour soulager ce symptôme, la rééducation (auprès d’un médecin rééducateur et/ou d’un kinésithérapeute) peut s’avérer également très bénéfique. Les phénomènes douloureux, la fatigue, peuvent également faire l’objet d’une prise en charge médicamenteuse et psychothérapique.

En cas de troubles sexuels, aussi bien chez l’homme que chez la femme, des solutions thérapeutiques existent, associant médicaments et/ou “sexothérapie” selon les cas. En effet, ils s’expliquent parfois simplement par l’anxiété ou la dépression, et trouvent alors une solution dans le dialogue avec son partenaire aidé par un sexologue, urologue et/ou psychologue.

Et demain

A l’heure actuelle, le traitement de la cause de la SEP n’existe pas encore  aucun des traitements cités ci-dessus n’est donc susceptible d’apporter une guérison totale de la maladie. Cependant, il faut reconnaître que la prise en charge de cette maladie a bénéficié de progrès spectaculaires durant la dernière décennie, notamment sur le plan thérapeutique, avec la mise à disposition des interférons bêta dont l’efficacité pour ralentir l’évolution naturelle de la maladie a été démontrée.

Cette maladie est également mieux connue aujourd’hui  depuis une quinzaine d’années, elle n’a jamais fait l’objet d’aussi nombreux travaux de recherche. Mieux la connaître et la comprendre permet aux chercheurs d’envisager de nouvelles pistes de traitement comme, par exemple, la diminution du passage des lymphocytes “agressifs” de la circulation sanguine vers le cerveau, l’amélioration des capacités de remyélinisation, la limitation de la perte axonale. Certains traitements nouveaux ont déjà été mis au point, mais l’évaluation de leur efficacité nécessite un suivi dans le temps suffisant compte tenu de l’évolution de la SEP sur plusieurs années.

Votre neurologue, Interlocuteur de confiance

Afin de bénéficier d’une prise en charge optimale et personnalisée de votre maladie, n’hésitez pas à aborder en confiance les problèmes que vous rencontrez, avec votre neurologue  il reste votre interlocuteur privilégié

  • Il pourra en discuter avec vous pour convenir ensemble d’une stratégie thérapeutique adaptée à votre cas
  • Il pourra également, en collaboration avec votre médecin traitant, vous recommander auprès d’un autre spécialiste (médecin rééducateur, kinésithérapeute, infirmière, ergothérapeute, psychothérapeute, urologue, assistante sociale…) afin de trouver la solution la mieux adaptée à votre situation clinique, psychologique, professionnelle…
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